Entre récit et stand-up, Clément Pascaud nous livre sa passion pour celle qui l’a sauvé : Serena Williams.
Depuis l’âge de ses 12 ans, Clément Pascaud nourrit une fascination profonde et durable pour la tenniswoman Serena Williams et sa personnalité hors-normes. À travers sa passion pour Serena, il se raconte avec humour et nous laisse entrevoir la solitude qui a jalonné son adolescence.
« Cette création est née d’un rapport intime dans mon parcours avec la joueuse de tennis Serena Williams. Depuis ma jeunesse elle a été un modèle, une source d’inspiration : sa puissance, sa force, sa volonté, sa personnalité « extraordinaire ». Dans mes années collège, elle fut pour moi une protection, un repère que j’observais dans mes instants de construction personnelle et intime. Je me souviens parfaitement le jour où je l’ai vue à la télé. C’était le 4 juin 2002 à 15h en quart de finale à Roland Garros face à Mary Pierce. A partir de ce jour-là, je n’ai jamais lâché Serena.
La création Serena est le travail sur un mythe contemporain engendrant la question : comment écrire nos nouveaux mythes ? Question sous-jacente de la compagnie.
Cette fois-ci le mythe se situe dans le tennis et le sport haut-niveau. Ce milieu fait de victoires, de défaites, de pleurs, de peurs et de sueurs.
De 1998 à 2022 Serena Williams est une légende du sport au-delà même du tennis mais aussi une parole politique par le caractère exceptionnel de son parcours : lutte contre le prédéterminisme, lutte contre le racisme, lutte contre les stéréotypes. Elle est la sportive contemporaine. Serena Williams, c’est aussi un corps, un corps qui fut jugé, maltraité, offensé : un corps qui a bousculé les stéréotypes.
Dans mon travail artistique, c’est la première fois que je mets en scène et joue un personnage qui passe du collège à l’âge adulte. Cet âge m’intéresse car il est le reflet de la première construction sociale que nous nous forgeons avec cette question : les modèles que nous nous construisons ont-ils le droit d’être éloignés de notre construction sociale, de notre condition sociale, voire de notre apparence physique ? Le jeune homme frêle que j’étais au collège ne ressemble en aucun aspect à la joueuse américaine. Pour cette création, j’ai passé la commande d’écriture à Marion Solange-Malenfant. Nous nous sommes plongés dans cette légende à la lisière entre le stand-up et le théâtre récit. J’ai convoqué des souvenirs, des sensations, des fantasmes pour retrouver certaines anecdotes de ma fan-attitude avec Serena. Et en parallèle, ça m’a renvoyé à mon vécu d’adolescent homosexuel harcelé qui prenait Serena comme un bouclier.
Le 3 septembre 2022, sur mon balcon à 3h du matin, elle venait de jouer son dernier match, notre histoire était finie. Alors j’ai repensé à ce 4 juin 2002, la première fois où je l’ai vue à la Télé et où elle m’a sauvé, et ce 3 septembre 2022, 20 ans après qu’elle m’ait inspiré. Ce sont ces deux verbes « Sauver » et « Inspirer » que ce spectacle reflète. »
Texte Marion Solange-Malenfant
Adaptation, mise en scène et jeu Clément Pascaud
Direction d’acteur Mélanie Leray, Manuel Garcie-Kilian
Assistante de création Leïla Bertrand
Assistant de tournée Manuel Garcie-Kilian
Conseils dramaturgie Christophe Gravouil
Scénographie Louise Sari
Lumière Vincent Chrétien
Son-Musique Jérôme Leray
Régie son Lucas Gautier
Vidéo Thomas Guiral
Costumes Tiphaine Pottier
Enregistrement voix off Thierry Mathieu
Voix off : Yasmine Modestine, Clément Pascaud
Serena est paru aux éditions Koïné
Production : Au point du soir
Coproduction : Le THV Théâtre de l’Hôtel de Ville de St-Barthélémy d’Anjou, scène conventionnée d’Intérêt National Art, Enfance, Jeunesse / Le Qu4tre Service Culture de l’Université d’Angers Avec le soutien de DRAC des Pays de la Loire, Département de Loire-Atlantique, Département du Maine et Loire, Ville de Nantes
Aides à la résidence : PadLoba-Cie Loba Annabelle Sergent, Le Qu4tre-Service Culture-Université d’Angers, La Libre Usine-Nantes, EVE scène universitaire
Le Mans, ONYX Théâtre de St-Herblain, Ville de Nantes-Résidence Crabosse, La Chartreuse Villeneuve-lès-Avignon
La compagnie propose deux formats de Serena : une version spectacle et une version lecture pour s’adapter aux contextes et aux moyens des lieux d’accueil.