« Je prenais des trains à l’aube je buvais toute la nuit et je quittais tout je prenais des trains et j’espérais le vent à l’aube. »
« Ce qui me plaît dans Nu masculin debout de Bernard Souviraa, c’est la question du désir. De plus, je suis enthousiaste à l’idée de mettre en scène une pièce contemporaine jamais montée auparavant. Nu masculin debout est l’histoire d’un acteur qui revient vers son premier metteur en scène, celui qui l’a découvert ; des années après, ils se retrouvent alors pour évoquer leurs souvenirs et ce qu’il reste de leur amour, de cette relation si particulière qu’ils ont créée. Ce couple reformé le temps d’un texte, va expier les douleurs, les incompréhensions et les manques qui le composent. À travers cette relation singulière, les sentiments établis dans la profondeur de ce moment de création passé, lorsqu’un metteur en scène s’est retrouvé fasciné et a offert un texte à un acteur, ressurgissent avec éclat, après dix ans de silence. L’acteur, abandonné, désemparé, nécessiteux, fait espoir de renouer avec son passé à la fois théâtral et amoureux. Ce qui se joue dans ce nouveau moment de rencontre c’est la confrontation entre la mémoire du désir et l’état présent de la relation.
L’écriture de Bernard Souviraa, héritière des thématiques Koltésiennes, nous projette dans le champ de la tragédie, à travers une écriture épurée, découpée, ciselée a fortiori essentielle. Cette langue offre à l’acteur une partition sensible et sensuelle qui l’amène à incarner une figure dramatique forte. De ces figures naissent des anti-héros, perdus entre leurs désirs d’exister dans le regard de l’autre et de s’affirmer pleinement en tant qu’individus à part entière, loin de leurs dépendances, délivrés de leurs besoins de respectabilité. Cette pièce expose les dualités dominant/dominé, observateur/observé comme cela peut exister entre un metteur en scène et un acteur, mais aussi de manière plus générale dans le couple et l’amitié ; dans tout ce qui touche à la passion.
Nu masculin debout répond singulièrement à cette question et m’est apparu comme un texte faisant écho à ma réflexion, dessinant avec justesse et ouverture cette complexité des rapports humains. »
Texte Bernard Souviraa
Mise en scène Clément Pascaud
Assistant à la mise en scène Quentin Boudaud
Jeu
Vanille Fiaux
Manuel Garcie-Kilian
Hervé Guilloteau
Hélori Philippot
Scénographie Louise Sari
Lumière Vincent Chrétien
Création musicale Jonathan Seilman
Vidéo Thomas Guiral
Costumes Laure Mahéo
L’œuvre est éditée aux Editions Quartett
Production : Label Grosse Théâtre
Coproductions : TU-Nantes, scène jeune création et émergence, le Quai CDN Angers Pays de la Loire
Avec le soutien de la Drac Pays de La Loire, Département de Loire Atlantique, Ville de Nantes – Aide à la résidence Nouveau Studio Théâtre, Nantes.
Clément Pascaud bénéficie du dispositif d’aide au compagnonnage artistique avec Grosse Théâtre financé par la Ville de Nantes.
Clément Pascaud est Artiste-Compagnon du TU-Nantes et est accompagné par le Quai CDN Angers pour la saison 2018/2019.